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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 09:13

Communiqué

18 juillet 2011

 

Le Dignité-Al Karama doit passer, le gouvernement français doit prendre ses responsabilités

 

Dans quelques heures, le Dignité-Al Karama sera à l’approche  des eaux de Gaza. Comme il l’a annoncé publiquement, le gouvernement israélien pourrait à nouveau utiliser la violence afin de stopper le bateau français, y compris en utilisant des armes face à des militants pacifiques et non armés. 

La campagne « Un bateau français pour Gaza », forte d'une mobilisation populaire exceptionnelle ces derniers mois et d'une représentation très large de la société civile, demande au gouvernement français d'agir pour que la délégation atteigne librement les côtes de Gaza. Le ministère des Affaires étrangères a récemment appelé « les autorités israéliennes à un changement fondamental de politique vis-à-vis de Gaza ». Nous prenons acte de ce premier pas. 

Nous sommes toutefois préoccupés par le peu d'empressement des autorités françaises à prendre en charge les ressortissants français lors de l’abordage de la première flottille en mai 2010 ou à défendre les citoyens français souhaitant se rendre en Cisjordanie et bloqués aux aéroports le 8 juillet dernier. 

Le Dignité-Al Karama est un bout de France en Méditerranée. Une action résolue du gouvernement français doit être menée afin de garantir la liberté de circulation du     bateau et l'intégrité de ses passagers. Pour l’instant, le gouvernement français n’a pas publiquement mis en garde Israël contre l’usage possible de la violence. 

Nous l’appelons à le faire le plus rapidement possible. 

Contacts pour la campagne « Un bateau français pour Gaza ». 

Maxime Guimberteau - 06 98 90 18 87

Julien Rivoire – 06 09 62 05 44 

http://www.unbateaupourgaza.fr

http://www.facebook.com/unbateaufrancaispourgaza

https://twitter.com/#!/BateauGazaFr

 

 

 

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 17:17

COMMUNIQUE :

 

L’Etat français bloque les migrants du Maghreb

 

Après avoir proposé ses compétences en matière de « maintien de l’ordre » quand les Tunisiens renversaient leur président dictateur, la France s’illustre en fermant sa frontière italienne aux migrants principalement tunisiens.

 

Malgré l’information qu’aucun train n’arriverait d’Italie ce dimanche 17 avril après midi, une trentaine de citoyennes, citoyens, militants associatifs (Cimade, RESF, LDH…) se sont rassemblés à la gare St-Charles de Marseille.

La police était elle aussi au rendez-vous, dans les mêmes proportions.

 

Après un ou deux mois d’errance ou d’enfermement en Italie, plusieurs milliers de migrants originaires du Maghreb ont enfin reçu des permis de circuler dans l’espace Shengen.

 

Mais la France, par la voix de son sulfureux ministre de l’Immigration Claude Guéant, a aussitôt indiqué qu’elle ne les laisserait entrer sur son territoire qu’à des conditions draconiennes.

 

Ainsi, le projet de « Train de la dignité » de Gênes à Marseille ce dimanche 17 avril 2011 a été le prétexte pour fermer toutes les liaisons ferroviaires entre l’Italie et la France et contrôler très sévèrement l’axe routier. Ce soir encore, ces dispositifs policiers sont en place.

 

A quoi cela sert-il d’afficher une fermeté aussi inefficace que scandaleuse ?

L’Etat français, dans son aveuglement xénophobe, compte-t-il fermer sa frontière italienne pendant 1 jour ? 1 mois ? 1 an ?

Pense-t-il que les migrants maghrébins ou autres ont fui des dictatures et traversé la Méditerranée au péril de leur vie pour s’arrêter aux portes du « pays des droits de l’Homme » parce qu’une opération désespérée de reconquête des voix (re)parties à l’extrême droite est à l’œuvre ?

Quelle honte !

 

Nous, citoyens marseillais, membres d’organisations pour qui les valeurs de liberté et de fraternité ne sont pas que des mots, nous nous préparons à accueillir et à aider dans la dignité les migrants qui inévitablement arriveront d’Italie dans les prochains jours.

 

Marseille, le 17 avril 2011.

 

VIDEOS
http://www.nicematin.com/video/Les%20immigr%C3%A9s%20tunisiens%20bloqu%C3%A9s%20%C3%A0%20la%20gare%20de%20Vintimille/iLyROoafzqOz

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 11:01

AG const. LDH Martigues-Ouest Etang de Berre-Côte Bleue 14 

Réunis en Assemblée Générale constitutive le 14 juin 2010, des citoyennes et citoyens ont décidé de créer une section de la L.D.H.

Cet acte majeur prend largement en compte un contexte dominé par un recul sans précédent des droits sociaux et des libertés.

Une initiative qui s'adresse à toutes celles et tous ceux qui n'acceptent pas que soient de plus en plus mis à mal les principes fondamentaux de notre démocratie.

 

Prochaine réunion : lundi 28 à 18h (en principe salle de réunion de la Maison du Tourisme)

 

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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 21:47

Information : relaxe pour le refus d'ADN

 Bonne nouvelle sur le front du refus du fichage ADN. L'ancien faucheur volontaire Benjamin Deceuninck (militant LDH et soutenu au niveau national et régional par la LDH) a été relaxé vendredi 5 mars alors qu'il repassait en procès pour avoir refusé une deuxième fois de donner son ADN. Il était défendu par Jean-Jacques Gandini.

 Le procureur a demandé lui-même la relaxe, en se basant sur un arrêt récent de la cour de cassation datant du 10 juin 2009 (Cf.ci-dessous), selon lequel le prélèvement génétique des personnes condamnées doit être effectué dans un délai d’un an après l’exécution de leur condamnation. Comme Benjamin avait été condamné à un mois avec sursis en 2005 pour destruction de betteraves transgéniques, on ne peut plus lui demander son ADN cinq ans plus tard!

 Prochaine étape: lancer une campagne de désinscription du FNAEG (le fichier des empreintes génétiques, qui compte 1,3 millions de profils à ce jour). La section LDH d'Alès est à fond sur ce sujet.

 Arrêt cour de cassation:

1557 

FICHIER NATIONAL AUTOMATISÉ DES EMPREINTES GÉNÉTIQUES

Refus de se soumettre à un prélèvement biologique. - Délai d'un an à compter de l'exécution de la peine pour effectuer le prélèvement. - Inobservation. - Portée.

Justifie sa décision la cour d'appel qui relaxe un prévenu poursuivi pour refus de se soumettre au prélèvement biologique destiné à l'identification de son empreinte génétique, sur le fondement de l'article 706-56 du code de procédure pénale, en retenant que son refus de se soumettre au prélèvement, qui n'avait pas été requis dans le délai d'un an à compter de l'exécution de la peine, prévu par l'article R. 53-21 du même code, n'était pas punissable.

Crim. - 10 juin 2009. REJET

N° 08-87.615. - CA Bastia, 22 octobre 2008.

M. Pelletier, Pt. - M. Arnould, Rap. - M. Boccon-Gibod, Av. Gén.

Source :

http://www.courdecassation.fr/publications_cour_26/bulletin_information_cour_cassation_27/bulletins_information_2009_2866/no_712_3300/jurisprudence_3302/cour_cassation_3305/arrets_arrets_14378.html

 

Section LDH Montpellier

à Montpellier : 27 bd Louis Blanc 34000 Montpellier                  

Tél./fax : 04 67 72 59 09                                                        

liguedesdroitsdelhommemontpellier@orange.fr

http://www.ldh-france.org/section/montpellier/

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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 18:14

Nouvelle pétition du Collectif « Non à EDVIGE »

http://www.nonaedvige.sgdg.org/petitions/?petition=3&signe=oui

 

Contre les nouveaux fichiers « EDVIGE »,

je signe toujours !

 

 

 

 

Deux décrets sont parus au journal officiel le 18 octobre 2009 pour remplacer le défunt décret « EDVIGE 1.0 », retiré par le gouvernement en novembre 2008 suite à la mobilisation citoyenne. Contrairement à ce qu’il avait annoncé au plus fort de cette mobilisation, le gouvernement a choisi d’éviter une fois de plus le débat parlementaire en créant des fichiers de police par décret. Le vote des députés UMP en Commission des lois le 24 novembre 2009 des « amendements BENISTI » à la proposition de loi de simplification du droit, qui autorisent la création de fichiers par simple arrêté gouvernemental, confirme la volonté de la majorité présidentielle d’enterrer définitivement la promesse de faire passer par la loi la création de tout nouveau fichier de police Le Collectif « Non à EDVIGE » dénonce et condamne un tel choix.

 

Le Collectif « Non à EDVIGE » constate que la mobilisation sans précédent contre le premier décret « EDVIGE 1.0 » a permis :

- La disparition des données sensibles se rapportant à la vie sexuelle et à l’état de santé

- La limitation de certains délais de conservation des données et une meilleure traçabilité de l’accès à ces données.

- Une certaine dissociation, à travers deux décrets, des finalités complètement différentes d’enquête administrative d’une part et de prévention des atteintes à la sécurité publique d’autre part.

 

Le Collectif « Non à EDVIGE » constate cependant que bon nombre de ses précédentes critiques s’appliquent toujours aux nouveaux décrets :

- Comme avec le fichier « EDVIGE 1.0 », pour ce qui concerne les atteintes à la sécurité publique, il s’agit de ficher des personnes avant même tout passage à l’acte, au mépris du principe de la présomption d’innocence. Comme avec le fichier « EDVIGE 1.0 », les mineurs pourront être fichés dès 13 ans.

- Comme avec le fichier « EDVIGE 1.0 », et de manière plus inquiétante encore, les personnes pourront être fichées à partir du simple fait qu’elles habitent une certaine zone géographique, ou qu’elles en proviennent.

- Comme avec le fichier « EDVIGE 1.0 », on constate un mélange des finalités puisque, pour les enquêtes administratives, les agents pourront accéder à des données qui ne devraient relever que de la seule prévention des atteintes à la sécurité publique.

- Pire qu’avec le fichier « EDVIGE 1.0 », l’appartenance syndicale, mais aussi les opinions politiques, religieuses ou philosophiques pourront justifier en elles-mêmes qu’une personne ne puisse pas accéder à certains emplois, ce qui limite gravement l’exercice de droits constitutionnels démocratiques.

 

Pour toutes ces raisons, le Collectif « Non à EDVIGE », dont des membres déposeront des recours en annulation des décrets incriminés devant le Conseil d’Etat, demande :

- Le retrait des deux décrets du 18 octobre 2009.

- La soumission au débat parlementaire de toute nouvelle création de fichier de police.

- L’abandon du fichage des mineurs dans tout fichier fondé sur la seule présomption.

- L’abandon du fichage de l’origine ethnique, même déguisée sous une autre appellation.

- La préservation des droits syndicaux et politiques, de la liberté de pensée et d’expression, y compris pour les personnes exerçant dans un cadre professionnel « sensible ».

 

L’importance des problèmes identifiés justifie une mobilisation citoyenne et des actions de même ampleur que celles qui ont permis le retrait du précédent décret « EDVIGE 1.0 ». Le Collectif « Non à EDVIGE » appelle donc les citoyens et les organisations à se remobiliser et à manifester leur soutien à ces actions en signant cette pétition

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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 17:40
( JOURNAL " LA MARSEILLAISE" ) Le gourbi de Berre a été « éradiqué » 24-07-2009 Des habitations de fortunes rasées à l’aube, sans ménagement pour les habitants. photo archives LSMisère. Gendarmes et tracto-pelles de la mairie sont entrés en action. Le « gourbi » de Berre-l’Etang, un bidonville occupé depuis plus de trente ans par des travailleurs agricoles maghrébins, a été rasé, hier, par les tracto-pelles de la commune. Il s’agit selon les termes commodément utilisés par la préfecture des Bouches-du-Rhône d’une « éradication d’habitat insalubre ». Une quarantaine de gendarmes avaient investi à 6h30 du matin le site sur la plaine des Cravons et ont procédé à l’interpellation de 16 étrangers. Selon la gendarmerie d'Istres, ces 16 personnes ont été placées en garde à vue faute d'avoir pu présenter des papiers d'identité. « Les arrestations ont été rudes », témoigne Christine Larpin de Médecins du Monde, présente pour une mission de soins et de veille sanitaire. « Ils ont détruit une quinzaine de caravanes. Deux ont été épargnées pour des hommes dont les dossiers sont en cours de régularisation. La serre qui faisait office de mosquée a été détruite. Le but de la sous-préfecture, c’est qu’on ne les voit plus. Or, cela ne règle pas la problématique migratoire. Prendre l’histoire de l’habitat insalubre est un faux prétexte. Toutes les pathologies que je vois ici sont liées au travail dans les serres, allergies aux mains, asthme, etc. Ce soir, ils n’ont rien pour dormir. Nous dénonçons cette violation des droits fondamentaux des personnes : pour détruire un habitat insalubre, on détruit un abri et ils n'ont pas d'autre solution », proteste le médecin. Mensonge et faux prétexte Médecins du Monde, la Ligue des Droits de l'homme et le Codetras craignaient la mise à exécution de l’ « éradication » du gourbi annoncée le mois dernier par le sous-préfet d'Istres, Roger Reuter. Interrogé, le cabinet du maire de Berre-l’Etang niait dans un premier temps avoir prêté des engins communaux pour l’opération. Un vilain mensonge qu’il finissait par reconnaître, alléguant alors avoir agi sur « réquisition de l’Etat ». Quoiqu’il en soit, une quarantaine de personnes originaires essentiellement de Tunisie et du Maroc, vivaient encore dans ces caravanes sur un terrain privé de la plaine des Cravons. Ces dernières années, les pouvoirs publics avaient tenté de solutionner le problème par des interventions policières couplées à des reconduites à la frontière et des procédures judiciaires frappées d’illégalité (le propriétaire du terrain avait même été poursuivi pour construction sans permis). Quelques poignées de régularisations de sans papiers avaient été arrachées aux autorités qui se gardaient bien d’aborder la question du travail clandestin, l’Etat préférant voir cette main d’œuvre exploitée se disperser dans l’espace. Pourtant selon Médecins du Monde, « ceux qui sont là depuis plus de dix ans n’ont pas obtenu la régularisation prévue par la loi française. Ils n’ont pas accès à une couverture maladie, car leur droit à l’aide médicale d’Etat ne peut être appliqué, la mairie de Berre leur refusant leur domiciliation. » Même condamnation pour Louis Roux de la CFDT des salariés agricoles. « Pendant des années, il y a eu des négociations pour leur relogement avec les mairies avoisinantes. Il y a toujours eu des promesses et jamais de réalisations. », réagit le syndicaliste. D’ajouter « Personne ne veut rien faire. Les agriculteurs font les scandalisés mais ce sont les mêmes qui emploient cette main d’œuvre marginalisée à 5 ou 6 euros de l’heure sans les déclarer. Depuis les années 70, le problème se déplace de fermes squattées en campements d’infortune. »
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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 17:52

Madame, monsieur le parlementaire,

La Loi de programmation militaire 2009-2014 sera soumise au vote des parlementaires à partir du 15 juin.

Cette Loi qui est de fait déjà en application dans le budget 2009, avant même d'avoir été votée, programme les dépenses militaires pour les cinq prochaines années: nouvelles bombes atomiques,  sous-marins et avions d'attaque, nouveaux moyens de projection pour les « opérations extérieures » comme la guerre d'Afghanistan, privatisations des industries d'état pour favoriser  le commerce des armes...
Au total, c'est plus de 185 milliards d'Euros que le gouvernement se propose d'investir dans la guerre et la prolifération de nouvelles armes !

Ce n'est pas admissible !

A l'heure où le gouvernement affirme que les caisses de l'Etat sont vides pour répondre aux difficultés de la grande majorité de la population, il trouve de l'argent pour financer une véritable économie de guerre.
La course aux armements, l'accumulation des armes, notamment nucléaires, loin d'apporter la paix et la sécurité rendent le monde plus dangereux et plus invivable. Elles détournent des moyens gigantesques.

Une véritable sécurité durable se construira sur la satisfaction des besoins vitaux. Pour cela il faut consacrer ces moyens à l'éducation, la santé, l'emploi, l'aide au développement, la culture, la protection de l'environnement... C'est une nouvelle politique de sécurité qu'il faut mettre en œuvre autour de l'ONU, pour activer les traités de désarmement, la résolution et la prévention des conflits dans le respect du droit international et généraliser la décroissance des budgets militaires!

C'est pourquoi Madame, Monsieur le parlementaire, je vous demande de voter NON à la loi de programmation militaire 2009-2014.

Je vous prie d’agréer l’expression de mes salutations distinguées.


Cette lettre est initiée par le Mouvement de la Paix (cf www.mvtpaix.org)

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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 20:45

Intervention de Dominique Guibert

Secrétaire général adjoint de la LDH

 

27 avril 2009, dévoilement de la plaque à la mémoire de Ludovic Trarieux, à son domicile de 1881 à 1904, rue de Logelbach, Paris 17ème

 

 

Nous sommes en 1898, plus précisément en février, et c’est l’année clé de l’affaire Dreyfus, celle du procès en diffamation intenté à Emile Zola après sa lettre ouverte à Félix Faure, président de la République. Cette lettre est devenue, grâce à l’intelligence médiatique de Vaughan, directeur de L’Aurore, le fameux « J’accuse », un texte mondialement célèbre. Dans le déroulé du procès, le président de la cour a interdit à l’accusé, à ses avocats et à ses témoins de faire référence aux conditions dans lesquelles Dreyfus a été condamné, cinq ans plus tôt.

 

Parmi ces témoins, Ludovic Trarieux. Dans le monde judiciaire et politique, c’est un homme important, avocat au barreau de la Gironde, plus jeune bâtonnier de France de l’époque, député, puis sénateur, enfin garde des Sceaux. C’est comme le dit Madeleine Rebérioux « un républicain fermement modéré, c’est-à-dire socialement très conservateur ». Pour Trarieux, il n’y a pas de raison d’Etat qui tienne si c’est au prix d’une forfaiture judiciaire, d’une négation des droits individuels. Je le cite : « Ce n'était pas seulement la cause isolée d'un homme qui était à défendre, c'était derrière cette cause le droit, la justice, l'humanité. » Cet engagement individuel, que rien dans sa formation, son milieu, son métier, ses options ne présageait, est un acte fondateur de la LDH. De cet impératif catégorique, Ludovic Trarieux, qui connaît parfaitement les arcanes du pouvoir et de la justice, conçoit le projet, je le cite encore, « d’un groupe ou une association ou une ligue ».

Le 20 février 1898, c’est dans cet immeuble devant lequel nous sommes que se déroule la première réunion de la Ligue française pour la défense des droits de l’Homme et du citoyen, dont l’appellation courante devient très rapidement Ligue des droits de l’Homme. Un titre qui renvoie clairement à la Déclaration des droits de 1789 qui a placé la garantie des droits de la personne dans les mains de la nation citoyenne.

Et pourtant, cet homme qui fut le premier président de la Ligue, un des deux ou trois politiques purs de la nouvelle formation, a mauvaise presse dans les milieux anarchistes, syndicalistes et socialistes. Il a été le rapporteur devant le Sénat des lois dites scélérates en 1893-1894, notamment celle qui limitait la liberté de la presse ; il a traduit devant les tribunaux en 1895, en tant que ministre de la Justice, les verriers de Carmaux et Jaurès, qu’il appelait « leur mauvais berger ». Mais ce même homme, assurément modéré, plutôt proche des milieux opportunistes, se trouve à la croisée des chemins de la république radicale. Il ne l’est absolument pas lui-même. Ce républicain qu’indigne la condamnation de Dreyfus et l’antisémitisme qui la sous-tend, s’il imprime une orientation temporisatrice, trouve des mots justes, quasi universels, pour dépasser le seul cadre de référence de l’Affaire. Le 6 juin, il définit ainsi la mission de la Ligue qu’il vient de créer : « défendre, contre les menaces sourdes de la contre-révolution, les principes fondamentaux de la déclaration des droits de l’Homme sur lesquels reposent depuis cent ans l’égalité de la patrie ». Trarieux, en visionnaire a su passer du particulier au général. Et sur cette base, se sont créées des convergences avec ces « autres » comme Jaurès ou de futurs dirigeants de la Ligue, Célestin Bouglé ou Victor Basch. Et l’on peu imaginer que les contacts ont pu être rudes entre ces jeunes adhérents qui adhèrent fortement au modèle jaurésien et ces hommes politiques dont toute la carrière s’est faite contre ce modèle. Comme le dit Francis de Pressensé, deuxième président de la Ligue en 1903, peu avant la mort de Trarieux en 1904 : « Il y a eu en quelque sorte deux origines, deux terrains de recrutement pour notre association ». Cette ambivalence est donc entièrement d’époque.

Telle est la place historique de Trarieux : avoir pensé et assumé dès sa naissance. La fonction de la Ligue des droits de l’Homme, ce creuset où des énergies, d’origines fort diverses, purent sinon fusionner, du moins agir en commun, si fortes étaient en France la référence à l’universalisme de la Révolution française et l’aspiration à maintenir et à renouveler les pratiques citoyennes.

Cette année, la Ligue des droits de l’Homme, lors de son congrès au Creusot, fêtera son 111ème anniversaire. Retenez cette date ! Pour retrouver cette unité numérique, il faudra attendre le même nombre d’années… Et s’il s’agit de formes, de mots et de combats d’aujourd’hui, elle se situe dans ce double héritage du droit et de la justice. Avec la Déclaration universelle des droits de l’Homme, nous disons que chacune et chacun d’entre nous, ici et ailleurs, a en propre une parcelle d’humanité que rien ne peut lui enlever. Et aujourd’hui comme à nos débuts, en 1898, nous affirmons que la raison d’Etat n’a pas de légitimité supérieure à l’Etat de droit.

C’est une référence essentielle qui n’a pas pris une ride. C’est l’honneur de Trarieux d’en avoir été l’un des artisans. Lors de sa mort en 1904, ceux-là mêmes qui avaient théorisé, tel le nouveau président Francis de Pressensé, la présence dès le début dans la Ligue de deux modes d’approche du civisme et des droits, l’individuel et le social, le général et le particulier, ont rendu hommage à l’intelligence politique d’un homme qui, échappant aux us, coutumes et croyances de son milieu, assumant les attaques personnelles dont il fut alors l’objet, fut un des premiers praticiens de l’Etat de droit. Devant le congrès de Rennes, en 1909, Pressensé déclarait que la Ligue a été le rassemblement, d’une part, de gens avant tout scandalisés par une injustice individuelle et désireux de la voir réparée et d’autre part, de gens qui voyaient dans cette injustice un symptôme des iniquités plus larges de la société française et souhaitaient « se jeter dans cette lutte pour des fins générales, remuer la démocratie française dans ses profondeurs ».

La LDH d’aujourd’hui assume complètement ce combat en alliant la défense des droits économiques sociaux et culturels à celle des droits civiques et politiques. Mais nous affirmons que l’universalité et l’indivisibilité des droits humains auxquelles nous nous référons sont les héritières de ce combat fondateur. Qu’il me soit donc permis de vous suggérer de profiter de cette cérémonie et de notre 111ème anniversaire pour fusionner la mémoire, l’histoire et l’action, pour honorer le combat d’hier et pour participer à ceux d’aujourd’hui.

 

 

 

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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 20:48
Port de Bouc (13) : Régularisation pour la famille FERA

Collège Paul Eluard 13110 Port-de-Bouc

Burbuqe FERA est une jeune kosovare de 13 ans. Elle est arrivée en France en 2007 avec ses parents. Scolarisée en 6ème au collège Paul Eluard à Port-de-Bouc, elle a forcé l’admiration de tous ses professeurs. Elle ne parlait pas du tout français et pourtant, en quelques mois, elle était capable de suivre les cours comme les autres élèves. Son énergie, sa bonne humeur, son travail acharné lui ont rapidement permis de faire partie des élèves les plus brillants de sa classe. Pour preuve, elle a obtenu les félicitations ces deux derniers trimestres. Elle n’a cessé de nous démontrer sa volonté de réussir scolairement et de s’intégrer socialement.

Malheureusement, la demande d’asile politique de la famille a été rejetée. La famille va être dans l’obligation de quitter le foyer où elle résidait. De plus, le père de famille a des problèmes de santé nécessitant des soins qu’il ne pourra pas recevoir dans son pays d’origine. Expulser cette famille reviendrait à les condamner à un dénuement financier, affectif et sanitaire. Quant à Burbuqe, ce serait lui couper les ailes : une catastrophe pour cette enfant qui a tout misé sur sa réussite scolaire en France, dont, aujourd’hui, nous ne doutons plus.

Nous, professeurs du collège Paul Eluard, ainsi que tous ceux qui soutiennent Burbuqe et ses parents, nous opposons à leur expulsion et revendiquons une régularisation exceptionnelle pour cette famille.

Merci de signer massivement cette pétition.

http://www.educationsansfrontieres.org/ ?article19123

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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 22:17

 Les gendarmes dans les écoles

Bonjour à tous,


Gros choc cette semaine.

La gendarmerie nationale est venue dans plusieurs écoles primaires de l'Hérault (à la demande de la direction  de l'Education nationale ?) pour vérifier si les enseignants de CM2  faisaient bien passer les évaluations du Ministère.

 

 Les gendarmes voulaient savoir si des parents occupaient l'Ecole pour empêcher le déroulement de ces évaluations. Ils ont demandé aux directeurs des écoles de leur fournir le nom de parents, le cas échéant, ainsi que leur propre nom s'ils laissaient des parents occuper « leur » école.

 

Les gendarmes cherchent également à connaître l'identité des enseignants qui n'ont pas fait passer ces évaluations. Comme vous le savez peut-être ces évaluations sont les ex-évaluations d'entrée en 6eme, que l'on fait passer au CM2 en janvier. Ces évaluations vont donc mesurer des compétences erronées puisque le programme de CM2 n'est pas terminé en janvier...

Les résultats de ces évaluations seront forcément "mauvais", ce qui légitimera toutes les réformes en cours. 

 

Par ailleurs, ces mêmes gendarmes sont présents lors des réunions d'information et de concertation lors des assemblées générales et des réunions entre l'IEN et les enseignants.

Lors d'une réunion entre une IEN et ses directeurs d'école, des parents souhaitant s'exprimer, les gendarmes ont fait évacuer dans un calme relatif l'assemblée. Les enseignants et les parents s'exposent à des sanctions administratives et/ou judiciaires. Ces actions sont-elles en accord avec l'idée que nous avons de l'école ?
 

Sommes-nous fliqués au sens propre comme au figuré dans les écoles ?
 
Des liens dans le même sens/


journal de TF1 (20h00 le 16/01)

 

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