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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 19:51
Signez, faites signer la pétition du COMITE DE SOUTIEN A YANNICK
"nous le prenons sous notre protection"
 

 


Nous, citoyennes et citoyens, soutenus par les organisations soussignées,   nous  constituons en comité de soutien à Yannick, jeune congolais réfugié couvert par la Convention de Genève, victime à Martigues de graves violences policières dans la nuit du 28 au 29 janvier 2010 : fracture spiroïdale du bras droit ayant nécessité une opération en urgence au Centre Hospitalier Général de Martigues suivie de  45 jours d’ITT dont 15 jours d’ITT pénale.

C’est en conscience, en nous référant aux faits établis et dénoncés publiquement par l’OVPI (Observatoire Départemental sur les Violences Policières Illégitimes) constitué de la Ligue des Droits de l’Homme, de la CIMADE, du MRAP et de l’ACCAT, que nous prenons part à ce comité qui a pour objectifs :

     -         D’exprimer notre indignation face aux violences injustifiées dont a été victime Yannick.

     -         De le soutenir moralement.

-         Dans le cadre de la plainte qu’il a déposé près du Procureur de la République pour « coups et blessures volontaires », de lui apporter de l’aide dans le combat judiciaire qu’il mène désormais contre des policiers qui l’ont gravement blessé, avec séquelles durables probables.

-         De lutter, au travers du cas de Yannick, contre toutes les formes de violences  perpétrées par certains policiers  trop souvent couverts par une impunité justement dénoncée par les rapports d’Amnesty International.

 Compte tenu du grave préjudice subi, Yannick doit bénéficier d’une mesure exceptionnelle et immédiate de régularisation. A cet effet, une demande d’audience est demandée à M. le Préfet des Bouches du Rhône.

 Martigues le 25 février 2010

 . la Ligue des Droits de l’Homme, le MRAP, la CIMADE,        Aix Solidarité, Ensemble Citoyens, ATTAC Gardanne, l’ASTI,

. les Unions Locales C.G.T., C.F.D.T., F.S.U., et C.N.T. de Martigues,

 . le Parti Communiste Français, le Parti Socialiste, le Parti de Gauche., le N.P.A., la FASE, les Verts Ouest Etang de Berre, la Gauche Citoyenne, Europe Ecologie,

 

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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 20:51

La République foulée aux pieds !

                             

 

 

C’est un précédent très grave qui a été ouvert ce matin lors de la manifestation de la Fonction Publique, en grève contre le démantèlement des services publics.

Le cortège était en train de quitter la place Garibaldi, lorsque des agents de la Police Nationale ont entrepris d’embarquer deux enseignants manifestants, au prétexte qu’ils arboraient des pancartes ne contenant pourtant que des citations du Président de la République et qu’ils arboraient des masques de Carnaval à l’effigie de Nicolas Sarkozy !

Des élus communistes présents, dont nous étions, se sont émus de telles méthodes auprès des représentants de la Police en demandant quelles pouvaient être les raisons justifiant cet acte. Face à l’absence de toute justification et au mépris démontré par les agents présents, ils se sont opposés pacifiquement, ceints de leurs écharpes, avec d’autres citoyens présents, à cette arrestation arbitraire.

D’autant plus arbitraire que ces pancartes ne contenaient aucune insulte, si ce n’est celle à la mémoire des Français que constitue le rappel des propos d’un Président pris en flagrant délit de mensonge et de promesses abusives. Ils les avaient d’ailleurs déjà utilisées lors d’autres manifestations. Et si porter le masque de Nicolas Sarkozy, dans une ville aux traditions carnavalesques comme Nice, devient un délit, les commissariats risquent d’être vite débordés. C’est alors que les brutalités policières se sont déchaînées.

Nous avons été bousculés, notre collègue élue régionale Adeline Mouton a été jetée à terre, Gérard Piel, Vice-Président de la Région, Robert Injey, conseiller municipal et communautaire et nous-mêmes avons été molestés enfin Pierre Bernasconi, conseiller régional communiste, s’est vu embarquer manu militari dans un fourgon comme un dangereux délinquant, avec les deux instituteurs ! Et un blessé a du être évacué par les pompiers.

Même s’ils s’inscrivent dans la dérive liberticide de nos institutions que nous dénonçons avec force, ils constituent dans notre département une première dont la gravité ne peut être passée sous silence.

Nous interpellons solennellement Monsieur le Préfet des Alpes-Maritimes afin de savoir s’il cautionne de telles méthodes ou s’il entend condamner de tels agissements.

Quand les forces de Police deviennent un facteur d’insécurité publique et brutalisent de façon intolérable des élus de la République, il est grand temps de s’interroger sur le devenir des libertés fondamentales dans notre pays et sur l’attitude fébrile du pouvoir face à une contestation grandissante.

Nous attentons aussi des responsables politiques locaux, dont l’un est justement Ministre, une condamnation claire de ces évènements, à moins qu’ils ne les cautionnent !

  

 

  

 Noël ALBIN  -   Francis TUJAGUE   -   Jacques VICTOR

Conseillers Généraux communistes des Alpes-Maritimes

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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 13:41

Violences policières à La Réunion

Un groupe de policiers armés et cagoulés à la recherche d’un militant communiste a semé la terreur, mercredi, dans un quartier ouvrier de Saint-Louis.

Île de La Réunion, correspondance particulière. Dimanche dernier se déroulaient des élections partielles à La Réunion, à la suite d’annulations par le Conseil d’État. Dans les quatre scrutins, ce sont les forces de progrès qui l’ont emporté, confirmant les succès de mars 2008.

Un climat tendu a pesé sur la campagne qui a suivi ces annulations. Les tensions ont atteint leur paroxysme dans la commune de Saint-Louis, où s’affrontaient le maire sortant Claude Hoarau, à la tête d’une liste de rassemblement sous la houlette du Parti communiste réunionnais, et son adversaire du Nouveau Centre, Cyrille Hamilcaro. Les troupes de ce dernier se sont signalées dès avant l’ouverture de la campagne par une série de provocations et d’injures envers les communistes et les membres d’autres partis de gauche. Cette stratégie visait tant à intimider les électeurs, qu’à provoquer les militants progressistes. Dans le but, sans doute, de justifier un recours aux forces de police contre leurs adversaires.

Perdant jour après jour du terrain, le candidat du Nouveau Centre est allé jusqu’à faire venir le maire (Nouveau Centre) de Drancy, Jean-Christophe Lagarde. Ayant parcouru plus de 10 000 kilomètres pour apporter son soutien à son « ami », l’élu drancéen a considérablement jeté de l’huile sur le feu, injuriant à plusieurs reprises le candidat communiste et les Réunionnais, comparant le pays à la « Colombie » et au « Nicaragua ».

Bavures et brutalités

C’est dans cette ambiance très tendue que s’est déroulé le scrutin municipal de Saint-Louis, qui a confirmé la victoire de la liste du rassemblement conduite par Claude Hoarau, vainqueur avec 53 % des voix.

Pourtant, Saint-Louis n’a pas retrouvé le calme. Trois jours seulement après la défaite du candidat du Nouveau Centre, un groupe de policiers armés et cagoulés a fait irruption dans un quartier ouvrier de Saint-Louis, afin de procéder à l’arrestation d’un militant communiste… Sans que l’intéressé ait été le moins du monde convoqué, sans qu’il ait reçu la moindre information de la part de la justice. C’est par une bavure qu’a débuté cette arrestation musclée : avant le lever du soleil, au cours d’une véritable opération militaire, les agents des forces spéciales ont investi le logis où vivent Isabella Françoise, sa fille et son bébé de trois ans. Après trois tirs de fusil à pompe dans la porte de la maison, les hommes en armes ont saccagé le petit appartement, fracturant les portes, retournant les meubles à la recherche de « preuves ». Braquant leurs armes chargées sur les occupantes de la maison, dont la plus jeune terrorisée, a tenté de s’enfuir par la fenêtre, haute de plusieurs mètres. Prenant enfin conscience de leur erreur, les policiers ont alors investi le logis voisin, répétant le même scénario de violence. Alors que trois d’entre eux s’emparaient sans aucune explication du militant communiste Roger Derfla, les autres braquaient leurs armes sur sa femme et ses enfants, terrorisés.

Au même moment d’autres arrestations avaient lieu dans la ville de Saint-Louis, ciblant toutes des militants du Parti communiste réunionnais. Faut-il voir dans ces manœuvres une tentative d’enrayer la construction de l’alternative à la crise portée notamment par le PCR, à laquelle adhèrent de plus en plus de Réunionnais ? Si tel est le cas, qui a donc intérêt à maintenir un statu quo fait d’injustices et de « profitations » en réactivant un passé de violence ?

Geoffroy Géraud

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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 16:44

Communiqué de la Ligue des droits de l’Homme

Section de Toulouse

Délégation régionale Midi-Pyrénées

 

Affaire du collège de Marciac (32) : la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité (C.N.D.S), menacée aujourd’hui de disparition, stigmatise l’action de la gendarmerie nationale

 

 

Toulouse le  28 septembre 2009

 

Le 19 novembre 2008, des gendarmes, accompagnés d’un chien, pénétraient dans des classes de 4ème et 3ème  du collège de Marciac, dans le Gers, pour procéder à une opération de contrôle anti-drogue, présentée préalablement comme une opération de sensibilisation et de prévention.

Fouilles et palpations furent pratiquées sur des élèves mineurs. Pourtant rien ne permettait de soupçonner des infractions à la législation sur les stupéfiants, dans ce collège réputé calme. Aucune infraction ne fut relevée.

La gravité de cette initiative et la manière dont elle fut menée amenèrent la Commission Citoyens-Justice-Police (composée de membres de la Ligue des droits de l’Homme, du Syndicat des Avocats de France et du Syndicat de la Magistrature), sur saisine d’un parent d’élève, à procéder à une enquête suivie d’un rapport rendu public en mai dernier.

 

La Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité (CNDS), saisie par la Défenseure des enfants, vient de publier son propre rapport sur cette affaire, qui confirme les analyses de la Commission Citoyens-Justice-Police.

Elle déplore que cette opération « ait été sciemment détournée de son objet, pour des raisons vraisemblablement statistiques…».et « souhaite que de sévères observations soient adressées au commandant de la communauté de brigades responsable du contrôle effectué à Marciac ».

 

La LDH de Toulouse salue le travail indépendant de la CNDS à propos de cette affaire.

 

Cet organisme officiel indépendant, a démontré à cette occasion et depuis plusieurs années l’importance de son rôle en matière d’analyse critique et de recommandations au sujet de comportements illégaux et de violences illégitimes commis par des personnels et responsables des forces de sécurité.

Or le gouvernement, dans un projet de loi organique, prévoit la suppression de la CNDS et de la Défenseure des enfants et le transfert de leurs attributions à une seule personne, le Défenseur des droits.

La Ligue des Droits de l’Homme considère que ce projet n’offre aucune garantie d’indépendance et de compétence multidisciplinaire de la future structure, qui aura des pouvoirs d’investigation limités. Elle manifeste son extrême inquiétude face à cette nouvelle atteinte aux libertés, qui s’inscrit dans la politique sécuritaire et répressive menée depuis sept ans.

 

 

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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 14:13
 
Rapport d'Amnesty
 
VIOLENCES  ET  IMPUNITE  POLICIERES... C'EST TOUS  LES  JOURS OU  PRESQUE .
 
 
L'une des victimes des violences policières dont fait état le rapport d'Amnesty s'appelait Abdelhakim Ajimi. Il est mort le 9 mai 2008 dans des conditions décrites par des témoins et relatées dans ce rapport:

"Après que le jeune homme eut été menotté, ont précisé ces témoins, il a été maintenu à plat ventre sur le sol par trois policiers pendant une période prolongée. Un témoin affirme que l’un des policiers a donné deux coups de poing à Abdelhakim Ajimi pendant qu’il était plaqué au sol. Un autre policier appuyait sur son dos avec son genou, tandis qu’un "troisième pratiquait une clé d’étranglement. Selon des témoins, le visage d’Abdelhakim Ajimi est devenu violacé ; de toute évidence, il ne pouvait pas respirer."


Il était difficile cette fois aux policiers et à la justice de poursuivre Abdelhakim pour "outrage et rébellion" ! La section L.D.H. Cannes-Grasse   prend une part active dans toutes les actions développées depuis, y compris sur le plan procédural. Une conférence de presse LDH / Amnesty a été organisée le jour de la publication du rapport.

Autre affaire en cours, moins dramatique mais tout aussi gravement significative : Patrick Mohr est un metteur en scène suisse de 42 ans participant au festival d'Avignon 2008. Le 21 juillet vers 20H30 devant le Palais des Papes il fait part  poliment de son étonnement à des  C.R.S. contrôlant l'identité  de deux musiciens alors que les centaines de personnes et d'artistes de rue présents sur la place n'étaient nullement invitées à présenter leurs papiers. Il est vrai que les musiciens visés étaient noirs! Réaction immédiates des C.R.S. face à cet empêcheur de discriminer en rond : interpellation violente de Patrick Mohr, jeté au sol, frappé, insulté dans des conditions que le quotidien " La Tribune de Genève " relate dans son édition du 27 février 2009 par la voix d' un témoin oculaire de la scène:


«J’ai été très choquée de voir les policiers commettre méthodiquement leurs violences, sans gêne, sans se soucier des gens qui faisaient cercle autour de la scène et qui protestaient bruyamment», raconte Doris Margel. «Se dégageait de ces CRS un sentiment d’impunité. Nous vivons en démocratie: si deux hommes constatent que tous les gens autour d’eux contestent leur manière d’agir, ils devraient éprouver ne serait-ce qu’une légère honte. La France n’est pas un état totalitaire que je sache!»


Patrick Mohr, après une garde à vue éprouvante a déposé une plainte qui est en cours  mais il a été "naturellement" mis en examen pour "outrage, rébellion et incitation à l'émeute". Il a été jugé   au T.G.I. d'Avignon à l'audience du 2 mars 2009 ou la procureure a non moins "naturellement" requis une condamnation de principe ( 500 euros d'amende ) Son avocat Maître William Bourdon a demandé la relaxe et stigmatisé  l'impunité habituelle des policiers. Le 8 avril aura lieu le délibéré du jugement.

Comme le jour de l'audience ou nous étions au côté de la L.D.H. suisse et au côté de l'observateur judiciaire délégué par la commission "citoyen,justice,police" nous serons présents au délibéré, plus que jamais attentifs et mobilisés  pour que justice soit rendue, ouvrant peut-être une brèche dans une jurisprudence dominée par des violences policières impunies et justement dénoncée par le rapport d'Amnesty.

Jean-Claude Aparicio. 

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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 22:52


Déclaration de la Fédération L.D.H. des Bouches du Rhône

UN PROCES EXEMPLAIRE DE VIOLENCES POLICIERES

 AU TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE  D’AVIGNON

 

Patrick Mohr, citoyen suisse, metteur en scène et directeur de théâtre avait été mis en garde à vue après avoir été violemment plaqué au sol, blessé par les menottes et inculpé d’outrage, rébellion et incitation à l’émeute le 21 juillet 2008 en Avignon. Il avait eu le tort d’être intervenu poliment alors qu’il était témoin, pendant le Festival, Place du Palais des Papes, d’un contrôle d’identité par trois CRS visant exclusivement deux musiciens africains. Contrôle qui lui paraissait discriminatoire sur un lieu où se trouvaient pourtant des centaines de personnes.

      Après avoir eu connaissance du récit circonstancié des faits, la Commission Nationale     Citoyen/Justice/Police a délégué une observatrice, Madame Chantal Mainguy pour assister à ce   procès qui a eu lieu mardi 3 mars 2009 au TGI d’Avignon.

Assistaient également, des militants  de la Ligue des Droits de l’Homme, Anne Biquart (Observatoire sur les violences policières illégitimes), Jacqueline Angelini-Martin (section Istres Ouest Provence) et Jean-Claude Aparicio (membre du Comité Central). La Ligue des Droits de l’Homme Suisse était représentée par son Président Damien Scalia.

Les quatre heures de débats,  en l’absence des policiers accusateurs qui réclamaient  3 000 euros de dommages et intérêts ont permis  à Maitre Bourdon, avocat de Monsieur Mohr, de réduire à néant les chefs d’accusation.

      Madame le Procureur Général a déclaré :

« ce n’est pas parce que la violence a paru disproportionnée que les CRS ont accompli des actes illégaux… » puis, tentant de dissiper la notion du contrôle discriminatoire, « la théorie de l’apparence suffit à justifier un contrôle… » 

Parmi tous les témoins, unanimes à démentir la version des policiers, l’un d’eux a affirmé avec solennité : « j’étais en face d’un acte arbitraire qui ne faisait pas honneur à nos institutions… » 

Le Procureur a requis une amende de 500 euros et bien sûr  Me Bourdon a demandé la relaxe de Patrick Mohr. 

Le jugement est mis en délibéré et sera rendu le 8 avril 2009 à 8h30. 

Avignon, le 3 mars 2009 

 

NB : Pour prendre connaissance du récit détaillé des violences subies par Patrick MOHR  il suffit de taper son nom sur Google.

 
Violences policières courantes
Patrick Mohr  Envoyer à un(e) ami(e)    Imprimer
 
Je suis né le 18 septembre 1962 à Genève. Je suis acteur, metteur en scène et auteur. A Genève, je dirige une compagnie, le théâtre Spirale, je co-dirige le théâtre de la Parfumerie et m’occupe également du festival "De bouche à oreille".
Dans le cadre de mes activités artistiques, je viens régulièrement au festival d’Avignon pour y découvrir des spectacles du " in " et du " off". Notre compagnie s’y est d’ailleurs produite à trois reprises. Cette année, je suis arrivé dans la région depuis le 10 juillet et j’ai assisté à de nombreux spectacles.
 
28 juillet 2008


Le lundi 21 juillet, je sors avec mon amie, ma fille et trois de ses camarades, de la représentation d’une pièce très dure sur la guerre en ex-Yougoslavie et nous prenons le frais à l’ombre du Palais des Papes, en assistant avec plaisir à un spectacle donné par un couple d’acrobates.

A la fin de leur numéro, je m’avance pour mettre une pièce dans leur chapeau lorsque j’entends le son d’un Djembé (tambour africain) derrière moi. Etant passionné par la culture africaine, j' ai monté plusieurs spectacles en Afrique et j'ai eu l’occasion d’y faire des tournées. Je m’apprête à écouter les musiciens. Le percussionniste est rejoint par un joueur de Kamele Ngoni (sorte de contrebasse surtout utilisée par les chasseurs en Afrique de l’Ouest.)

A peine commencent-ils à jouer, qu’un groupe de C.R.S se dirige vers eux pour les interrompre et contrôler leur identité. Contrarié, je me décide à intervenir. Ayant déjà subi des violences policières dans le même type de circonstances il y a une vingtaine d’année à Paris, je me suis adressé à eux avec calme et politesse, le souvenir de ma précédente mésaventure bien en tête.
Mais je me suis dit que j’étais plus âgé, que l’on se trouvait dans un haut lieu culturel et touristique, dans une démocratie et que j’avais le droit de m’exprimer face à ce qui me semblait une injustice.

J’aborde donc un des C.R.S et lui demande :

« Pourquoi contrôler vous ces artistes en particulier et pas tous ceux qui se trouvent sur la place? »

Réponse immédiate: « Ta gueule, mêle-toi de ce qui te regarde!"

« Justement ça me regarde. Je trouve votre attitude discriminatoire. »

Regard incrédule. « Tes papiers ! »

« Je ne les ai pas sur moi, mais on peut aller les chercher dans la voiture. »

« Mets-lui les menottes ! »

« Mais vous n’avez pas le droit de… »

Ces mots semblent avoir mis le feu aux poudres.

« Tu vas voir si on n’a pas le droit.»

Et brusquement la scène a dérapé.

Ils se sont jetés sur moi avec une sauvagerie inouïe.
Mon amie, ma fille, ses camarades et les curieux qui assistaient à la scène ont reculé, choqués, alors qu’ils me projetaient au sol, me plaquaient la tête contre les pavés, me tiraient de toutes leurs forces les bras en arrière comme un poulet désarticulé et m’enfilaient des menottes. Les bras dans le dos, ils m’ont relevé et m’ont jeté en avant en me retenant par la chaîne. La menotte gauche m’a tordu le poignet et a pénétré profondément mes chairs. J’ai hurlé :

« Vous n’avez pas le droit, arrêtez, vous me cassez le bras ! »

« Tu vas voir ce que tu vas voir espèce de tapette. Sur le dos ! Sur le ventre ! Sur le dos je te dis, plus vite, arrête de gémir ! »

Et ils me frottent la tête contre les pavés me tordent et me frappent, me traînent, me re-plaquent à terre.

La foule horrifiée s’écarte sur notre passage. Mon amie essaie de me venir en aide et se fait violemment repousser. Des gens s’indignent, sifflent, mais personne n’ose interrompre cette interpellation d’une violence inouïe. Je suis traîné au sol et malmené jusqu’à leur fourgonnette qui se trouve à la place de l’horloge 500 m plus bas. Ils me jettent dans le véhicule, je tente de m’asseoir et le plus grand de mes agresseurs (je ne peux pas les appeler autrement), me donne un coup pour me faire tomber entre les sièges, face contre terre. Il me plaque un pied sur les côtes et l’autre sur la cheville, il appuie de tout son poids contre une barre de fer.

« S’il vous plait, n’appuyez pas comme ça, vous me coupez la circulation.»

« C’est pour ma sécurité. »

Et toute leur compagnie de rire de ce bon mot. Jusqu’au commissariat de St Roch.

Le trajet est court mais il me semble interminable. Tout mon corps est meurtri, j’ai l’impression d’avoir le poignet brisé, les épaules démises, je mange la poussière. On m’extrait du fourgon toujours avec autant de délicatesse.

Je vous passe les détails de l’interrogatoire que j’ai subi dans un état lamentable. Je me souviens seulement du maquillage bleu sur les paupières de la femme qui posait les questions.

« Vous êtes de quelle nationalité ? »

« Suisse. »

« Vous êtes un sacré fouteur de merde »

« Vous n’avez pas le droit de m’insulter »

« C’est pas une insulte, la merde » (Petit rire.)

C’est fou comme la mémoire fonctionne bien quand on subit de pareilles agressions. Toutes les paroles, tout les détails de cette arrestation et de ma garde à vue resteront gravés à vie dans mes souvenirs, comme la douleur des coups subits dans ma chair. Je remarque que l’on me vouvoie depuis que je ne suis plus entre les griffes des CRS. Mais la violence physique a seulement fait place au mépris et à une forme d’inhumanité plus sournoise.
Je demande que l’on m’ôte les menottes qui m’ont douloureusement entaillé les poignets et que l’on appelle un docteur. On me dit de cesser de pleurnicher et que j’aurais mieux fait de réfléchir avant de faire un scandale. Je tente de protester, on me coupe immédiatement la parole. Je comprends qu’ici on ne peut pas s’exprimer librement. Ils font volontairement traîner avant de m’enlever les menottes. Font semblant de ne pas trouver les clés. Je ne sens plus ma main droite.

Fouille intégrale. On me retire ce que j’ai, bref inventaire, le tout est mis dans une petite boîte.

« Enlevez vos vêtements ! » J’ai tellement mal que je n’y arrive presque pas.

« Dépêchez-vous, on n'a pas que ça à faire. La boucle d’oreille ! »

J’essaye de l’ôter sans y parvenir.

« Je ne l’ai pas enlevée depuis des années. Elle n’a plus de fermoir. »

« Ma patience à des limites vous vous débrouillez pour l’enlever, c’est tout ! »

Je force en tirant sur le lobe de l’oreille, la boucle lâche.

« Baissez la culotte ! »

Je m’exécute. Après la fouille ils m’amènent dans une petite cellule de garde à vue de 4m de long par 2m de large. Une petite couchette beige vissée au mur. Les parois sont taguées, grattées par les inscriptions griffonnées à la hâte par les détenus de passage. Au briquet ou gravé avec les ongles dans le crépis. Momo de Monclar, Ibrahim, Rachid…… chacun laisse sa marque.

L’attente commence. Pas d’eau, pas de nourriture. Je réclame en vain de la glace pour faire désenfler mon bras. Les murs et le sol sont souillés de tâches de sang, d’urine et d’excréments. Un méchant néon est allumé en permanence. Le temps s’étire. Rien ici qui permette de distinguer le jour de la nuit. La douleur lancinante m’empêche de dormir. J’ai l’impression d’avoir le cœur qui pulse dans ma main. D’ailleurs, alors que j’écris ces lignes une semaine plus tard, je ne parviens toujours pas à dormir normalement.

J’écris tout cela en détails, non pas pour me lamenter sur mon sort. Je suis malheureusement bien conscient que ce qui m’est arrivé est tristement banal, que plusieurs fois par jour et par nuit, dans chaque ville de France, des dizaines de personnes subissent des traitements bien pires que ce que j’ai enduré. Je sais aussi que si j’étais noir ou arabe, je me serais fait cogner avec encore moins de retenue. C’est pour cela que j’écris et porte plainte. Car j’estime que dans la police française et dans les CRS en particulier il existe de dangereux individus qui, sous le couvert de l’uniforme, laissent libre cours à leurs plus bas instincts.
Evidemment, il y a aussi des arrestations justifiées, et la police ne fait pas que des interventions abusives. Mais je parle des dérapages qui me semblent beaucoup trop fréquents.
Que ces dangers publics sévissent en toute impunité au sein d’un service public qui serait censé protéger les citoyens est inadmissible dans un état de droit.

J’ai un casier judiciaire vierge et suis quelqu’un de profondément non violent, par conviction, ce type de mésaventure me renforce encore dans mes convictions, mais si je ne disposais pas des outils pour analyser la situation je pourrais aisément basculer dans la violence et l’envie de vengeance. Je suis persuadé que ce type d’action de la police nationale visant à instaurer la peur ne fait qu’augmenter l’insécurité en France et stimuler la suspicion et la haine d’une partie de la population (des jeunes en particulier) face à la police. En polarisant ainsi la population, on crée une tension perpétuelle extrêmement perverse.

Comme je suis un homme de culture et de communication je réponds à cette violence avec mes armes. L’écriture et la parole.
Durant les 16h qu’a duré ma détention, (avec les nouvelles lois, on aurait même pu me garder 48h en garde à vue), je n’ai vu dans les cellules que des gens d’origine africaine et des gitans.
Nous étions tous traité avec un mépris hallucinant.
Un exemple, mon voisin de cellule avait besoin d’aller aux toilettes. Il appelait sans relâche depuis près d’une demi heure, personne ne venait. Il s’est mit à taper contre la porte pour se faire entendre, personne. Il cognait de plus en plus fort, finalement un gardien exaspéré surgit.

"Qu’est ce qu’il y a ? »

« J’ai besoin d’aller aux chiottes. »

« Y a une coupure d’eau. »

"Mais j’ai besoin. »

« Y a pas d’eau dans tout le commissariat, alors tu te la coinces, pigé. »

Mon voisin qui n’est pas seul dans sa cellule continue de se plaindre, disant qu’il est malade, qu’il va faire ses besoins dans la cellule.

« Si tu fais ça on te fait essuyer avec ton t-shirt. »

Les coups redoublent. Une voix féminine lance d’un air moqueur. « Vas-y avec la tête pendant que tu y es. Ca nous en fera un de moins. » Eclats de rire dans le couloir comme si elle avait fait une bonne plaisanterie.

Après une nuit blanche, vers 9h du matin,on vient me chercher pour prendre mon empreinte et faire ma photo. Face, profil, avec un petit écriteau, comme dans les films. La dame qui s’occupe de cela est la première personne qui me parle avec humanité et un peu de compassion depuis le début de ce cauchemar. « Hé bien, ils vous ont pas raté. C’est les CRS, bien sûr. Faut dire qu’on a aussi des sacrés cas sociaux chez nous. Mais ils sont pas tous comme ça. » J’aimerais la croire.

Un officier vient me chercher pour que je dépose ma version des faits et me faire connaître celle de ceux qui m’ont interpellé.
J’apprends que je suis poursuivi pour : outrage, incitation à l’émeute et violence envers des dépositaires de l’autorité publique. C’est vraiment le comble. Je les aurais soi-disant agressés verbalement et physiquement. Comment ces fonctionnaires assermentés peuvent ils mentir aussi éhontement ? Je raconte ma version des faits à l’officier. Je sens que, sans vouloir l’admettre devant moi, il se rend compte qu’ils ont commis une gaffe.
Ma déposition est transmise au procureur et vers midi je suis finalement libéré. J’erre dans la ville comme un boxeur sonné. Je marche péniblement. Un mistral à décorner les bœufs souffle sur la ville. Je trouve un avocat qui me dit d’aller tout de suite à l’hôpital faire un constat médical. Je marche longuement pour parvenir aux urgences ou je patiente plus de 4 heures pour recevoir des soins hâtifs. Dans la salle d’attente, je lis un journal qui m’apprend que le gouvernement veut supprimer 200 hôpitaux dans le pays, on parle de couper 6000 emplois dans l’éducation. Sur la façade du commissariat de St Roch, j’ai pu lire qu’il allait être rénové pour 19 millions d’Euros. Les budgets de la sécurité sont à la hausse, on diminue la santé, le social et l’éducation. Pas de commentaires.

Je n’écris pas ces lignes pour me faire mousser, mais pour clamer mon indignation face à un système qui tolère ce type de violence. Sans doute suis-je naïf de m’indigner. La plupart des Français auxquels j’ai raconté cette histoire ne semblaient pas du tout surpris, et avaient connaissance de nombreuses anecdotes du genre. Cela me semble d’autant plus choquant. Ma naïveté, je la revendique, comme je revendique le droit de m’indigner face à l’injustice. Même si cela peut paraître de petites injustices. C’est la somme de nos petits silences et de nos petites lâchetés qui peut conduire à une démission collective et en dernier recours aux pires systèmes totalitaires. Nous n’en sommes bien évidement heureusement pas encore là.

Depuis ma sortie, nous sommes retournés sur la place de Papes et nous avons réussi à trouver une douzaine de témoins qui ont accepté d’écrire leurs versions des faits qui corroborent toutes ce que j’ai dit. Ils certifient tous que je n’ai proféré aucune insulte ni commis aucune violence. Les témoignages soulignent l’incroyable brutalité de l’intervention des CRS et la totale disproportion de leur réaction face à mon intervention. J’ai essayé de retrouver des images des faits, mais malheureusement les caméras qui surveillent la place sont gérées par la police et, comme par hasard, elles sont en panne depuis début juillet. Il y avait des centaines de personnes sur la place qui auraient pu témoigner, mais le temps de sortir de garde à vue, de me faire soigner et de récupérer suffisamment d’énergie pour pouvoir tenter de les retrouver, je n’ai pu en rassembler qu’une douzaine. J’espère toujours que peut-être quelqu’un a photographié ou même filmé la scène et que je parviendrai à récupérer ces images qui prouveraient de manière définitive ce qui c’est passé.

Après 5 jours, soudain, un Monsieur africain m’a abordé.,C’est l’un des musiciens qui avaient été interpellés. Il était tout content de me retrouver car il me cherchait depuis plusieurs jours. Il se sentait mal de n’avoir rien pu faire et de ne pas avoir pu me remercier d’être intervenu en leur faveur. Il était profondément touché et surpris par mon intervention et m’a dit qu’il habitait Grenoble, qu’il avait 3 enfants et qu’il était français. Qu’il viendrait témoigner pour moi. Qu’il s’appelait Moussa Sanou.

« Sanou , c’est un nom de l’ethnie Bobo. Vous êtes de Bobo-Dioulasso ? »

« Oui. »

Nous avons souri et je l’ai salué dans sa langue en Dioula.

Il se trouve que je vais justement créer un spectacle prochainement à Bobo-Dioulasso au Burkina-faso. La pièce qui est une adaptation de nouvelles de l’auteur Mozambicain Mia Couto s’appellera « Chaque homme est une race » et un des artistes avec lequel je vais collaborer se nomme justement Sanou.

Coïncidence ? Je ne crois pas.

Je suis content d’avoir défendu un ami, même si je ne le connaissais pas encore.

La pièce commence par ce dialogue prémonitoire.

Quand on lui demanda de quelle race il était, il répondit : « Ma race, c’est moi. »

Invité à s’expliquer il ajouta

« Ma race, c’est celui que je suis. Toute personne est à elle seule une humanité. Chaque homme est une race, Monsieur le policier. »

Patrick Mohr
28 juillet 2008
 
 

 


PASCALE ZIMMERMANN AVIGNON | 04.03.2009 | 00:01

«Il existe en France une culture policière de la brutalité et de l’impunité!» tonne William Bourdon dans la salle Beccaria du Palais de justice d’Avignon, pleine de monde. L’avocat de Patrick Mohr, qui comparaissait hier devant le Tribunal de haute instance pour outrage et rébellion envers deux policiers, n’a pas hésité à parler de «procès à l’envers». «C’est bien Patrick Mohr qui est la victime, et non les CRS qui ont porté plainte contre lui», a-t-il souligné. Il faudra attendre pour savoir si l’homme de théâtre s’est rendu ou non coupable des infractions reprochées. Le président, Marc Jean-Talon, a fixé le jugement au 8 avril.

Trois plaintes

De fait, deux affaires auraient dû être traitées simultanément. La plainte des policiers et celle de Patrick Mohr contre eux pour coups et blessures volontaires. Le 21 juillet 2008, lors du Festival d’Avignon, le metteur en scène a eu une altercation avec les forces de l’ordre, qui s’est soldée par une interpellation musclée du Genevois et sa mise en garde à vue (voir la «Tribune de Genève» du 28 février).

A ces plaintes croisées vient s’en ajouter une troisième, déposée spontanément par deux festivaliers, Michel et Annie Mula. Indignés des brutalités commises sous leurs yeux par les deux policiers envers Patrick Mohr, ils ont écrit au procureur de la République pour les dénoncer.

«J’ai fait alors engager une première enquête», résume Catherine Champrenault, procureur d’Avignon, qui requiert 500 euros d’avertissement à l’encontre du metteur en scène. «Lorsque la plainte de Monsieur Mohr s’est concrétisée, j’ai confié une enquête, plus approfondie cette fois, à l’Inspection générale des polices nationales (IGPN), «la police des polices». Celle-ci a rendu ses conclusions la semaine dernière. Le major brigadier Eric Mathelin et le gardien de la paix Franck Conéjéro «n’ont commis aucune infraction». Ils ont fait leur travail. Et Catherine Champrenault de conclure: «Il faut que les képis soient là, pour éviter l’anarchie, même si c’est la fête de la liberté.»

«C’est cavalier»

William Bourdon proteste avec véhémence. «L’IGPN, chargée de l’enquête, a rendu ses conclusions il y a… quatre jours. Disons que c’est cavalier!» Le Parquet a donc décidé de classer l’affaire faute de temps. «J’aurais pu demander le report du procès, mais Patrick et moi avons décidé de plaider aujourd’hui, car je demande sa relaxe. Nous nous réservons le droit de poursuivre ensuite les CRS.»

L’avocat de la défense a dénoncé l’absence des deux policiers à l’audience. Ils se sont fait représenter par Philippe Mouret, avocat à Avignon, qui requiert 3000 euros plus 800 euros pour ses clients à titre de dommages et intérêts: «Si Monsieur Mohr n’était pas intervenu sur un sujet qui ne le regardait pas, rien de violent ne lui serait arrivé. Il s’est rendu coupable de rébellion, freinant des quatre pieds pour résister à son interpellation.»

La salle protesterait volontiers, mais le président la tient bien en main. Insistant sur la nécessaire sérénité des débats, il expulse bavards et commentateurs, grondant aussi l’audience qui applaudit l’éloquence de Patrick, ému aux larmes à deux reprises au souvenir des violences subies et de l’humiliation.

Le procureur d’Avignon et le défenseur de Patrick Mohr finissent par tomber d’accord. Ce procès est «une affaire de culture». Pour Catherine Champrenault,, «nous avons un homme de théâtre prompt à jouer les justiciers et des policiers appliquant des articles de loi et des procédures. C’est un décalage fondé sur un malentendu. Un conflit culturel. Il existe aussi un racisme antipolice. Qui porte un uniforme ferait forcément faux? Je dis non!»

«Et moi, je suis en train de faire l’autopsie d’une bavure», rétorque William Bourdon. Car la preuve n’est apportée dans ce dossier ni pour l’outrage ni pour la rébellion. «Il y a aujourd’hui dans ce pays une culture policière de la violence. Tant que l’on couvrira les méfaits de la police, on ne lui rendra pas service.»

Le 8 avril, Patrick Mohr connaîtra le verdict. C’est aussi une certaine manière d’envisager la tâche des gardiens de l’ordre, qui sera autorisée ou sanctionnée.


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12 mai 2008 1 12 /05 /mai /2008 11:47
BAC + Police municipale ... dans certaines villes il y a des drames comme celui-là .  Les camarades de la LDH Cannes Grasse ont apporté leur soutien face à cette bavure .
 
 
 " POLICE DELINQUANTE OU EST LA JUSTICE ? "
 
A Grasse, après la mort d’Hakim, les témoins dénoncent une bavure
Envoyé spécial à Grasse MICHEL HENRY  
 
QUOTIDIEN : lundi 12 mai 20080   
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La marche se voulait silencieuse, mais, au passage du commissariat de Grasse (Alpes-Maritimes), les gorges se sont lâchées, hier après-midi : «Justice pour Hakim !» «Les responsables en prison !» «La police assassins !»«était violet», car il ne pouvait plus respirer. L’Etat conteste : «Aucun élément ne permet actuellement de mettre en cause l’action des fonctionnaires», a affirmé hier Dominique Vian, le préfet des Alpes-Maritimes. Une enquête est en cours, assurée par l’IGPN (Inspection générale de la police nationale). Abdelhakim Ajimi, 22 ans, dit Hakim, est mort vendredi, lors d’une interpellation effectuée par la BAC (brigade anticriminalité), avec la police municipale en soutien. Et plusieurs témoins dénoncent une bavure. Selon eux, les fonctionnaires nationaux ont fait pression physiquement sur le jeune qui, menotté au sol,

Fracture. Vendredi après-midi, les policiers ont été alertés par le directeur du Crédit agricole de Grasse : Hakim voulait y faire un retrait, mais quand la banque a refusé, il a explosé. «En colère de n’avoir pu percevoir des indemnités de chômage depuis deux mois, il a eu un comportement agressif envers le directeur», explique son comité de soutien. Les policiers le retrouvent rapidement boulevard Victor-Hugo et tentent de l’interpeller, mais, à nouveau, Hakim entre dans une rage folle. Une vitrine est brisée, un policier blessé : selon le préfet, le fonctionnaire a été opéré pour une fracture de la clavicule. Hakim est finalement maîtrisé et menotté. C’est là que tout bascule. Un témoin, Ludovic Gérard, 30 ans, maître-chien habitant à Pégomas, raconte : «Il était à terre. Ils étaient trois sur lui. Un policier lui faisait une pression sur la colonne vertébrale avec son genou. Un autre l’étouffait avec son bras. Il avait les mains menottées sous le torse. Il était violet, il demandait à respirer. Il a pris deux coups de poing, deux bonnes pastèques. J’ai dit aux policiers : "Vous l’avez maîtrisé, il n’y a pas besoin de plus."» Ludovic Gérard finira au poste, menotté, pour avoir voulu s’interposer. «Là, assure-t-il, au bout d’une demi-heure, une policière affolée demande de l’aide : il venait de faire un arrêt cardiaque.» A 16 h 30, Hakim est déclaré mort.

Selon le préfet, «le mis en cause a été transporté, dans un véhicule de police secours, jusqu’au commissariat de Grasse. L’intéressé étant victime d’un malaise, les services de secours ont été aussitôt avisés. En dépit de la tentative de réanimation des sapeurs-pompiers et du Samu, pendant plusieurs dizaines de minutes, malheureusement sans succès, le décès a été constaté». Une autopsie aura lieu demain.

Est-il mort sur le trottoir, pendant son transfert, au commissariat ? Leyla Picout, 17 ans, en BEP vente, qui connaissait la victime, raconte : «Ce qu’ils ont fait ce n’est pas bien, de rester sur lui. Il demandait à respirer. Il était tout bleu, ses yeux sortaient des orbites, ils n’auraient pas dû continuer. Quand les pompiers sont venus, ils auraient dû le laisser aller à l’hôpital. Mais aux pompiers, les policiers ont dit : "Partez, laissez-nous faire."» Plusieurs témoins ont été choqués quand les pompiers sont repartis avec le policier blessé, mais pas avec Hakim, transféré au commissariat. «Quand ils l’ont mis dans la voiture, raconte Leyla, il était tout mou, on aurait dit une guimauve. Ils l’ont traité comme une merde. Il a eu une mort horrible.» Pour Me Sylvain Pont, un des avocats de la famille, «la police avait la possibilité d’éviter le drame. Elle a fait preuve d’un acharnement anormal, comme une sorte de mise à mort».

Marche. Selon Leyla, dont Hakim était un cousin de son petit ami, la victime avait des problèmes psychologiques : «Il avait déjà été interné. Mais c’était un garçon gentil. Tout Grasse, on s’était mis avec lui pour que son problème psychologique s’enlève. C’était une période où il n’était pas bien.» D’après Nice-Matin, il avait été hospitalisé en psychiatrie du 18 au 29 avril. Interpellé en mars pour conduite sous l’emprise de stupéfiants, il devait comparaître en juin. Il avait aussi été poursuivi pour rébellion, mais la procédure avait été classée sans suite, après un internement d’office.

Hier, environ un millier de personnes ont participé à la marche, où des banderoles proclamaient : «Hakim, on t’aime», «Ceux qui gardent la paix tuent nos enfants», «Police délinquante, où est la justice ?». Le Mrap et la Ligue des droits de l’homme ont fait part de leur soutien.

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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 20:53

OBSERVATOIRE  DEPARTEMENTAL DES

BOUCHES DU RHÔNE SUR LES VIOLENCES

POLICIÈRES ILLÉGITIMES

Maison Méditerranéenne des droits de l'Homme

34 Cours Julien - 13006 Marseille - 08 70 28 94 65

 

 

POUR UNE POLICE RÉPUBLICAINE AU SERVICE  DU CITOYEN

  

L'Observatoire départemental sur les Violences Policières Illégitimes composé de

la Ligue des Droits de l'Homme 13,

du MRAP,

(Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples)

et de la CIMADE

vous invite à la présentation de son rapport d'activité biannuel 2006/2007

 

mardi 15 avril 2008 à 11h00

MAISON MEDITERRANÉENNE DES DROITS DE L'HOMME

34 Cours Julien - 13006 Marseille

 
L'Observatoire a pour objet de recenser les différentes affaires pour lesquelles les associations : La LIGUE DES DROITS DE L'HOMME 13, LE MRAP ET LA CIMADE ont été sollicités, de soutenir les personnes victimes de violences policières illégitimes

et d’interpeller les pouvoirs publics.

 

 

 

 

 

 

 

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23 septembre 2007 7 23 /09 /septembre /2007 22:46
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27 juin 2007 3 27 /06 /juin /2007 21:39

OBSERVATOIRE DEPARTEMENTAL DES BOUCHES DU RHONE SUR LES VIOLENCES POLICIERES ILLEGITIMES

Maison Méditerranéenne des Droits de l’Homme

34, Cours Julien

13006 Marseille

08.70.28.94.65

 

Pour que toute la lumière soit faite sur les circonstances de l’accident

ayant causé la mort du jeune Nelson à Marseille !

 

Samedi 23 juin 2007 après midi, un policier stagiaire a percuté un adolescent de 14 ans, Nelson, sur un passage piéton dans le 14ème arrondissement de Marseille. L'adolescent est décédé dimanche soir. D’après les premiers témoignages recueillis, le jeune policier remontait une file de voiture par la gauche sans avertisseur sonore ni gyrophare et serait passé à grande vitesse au feu rouge alors qu’aucune intervention d’urgence ne le nécessitait.

Le Parquet de Marseille a d’ores et déjà requis un mandat de dépôt et la mise en examen du conducteur pour homicide involontaire Le jeune conducteur policier incriminé a été remis en liberté sous contrôle judiciaire. L’enquête est en cours.

L’Observatoire départemental sur les Violences Policières Illégitimes souhaite tout d’abord adresser aux  parents de Nelson, à sa famille et à ses proches ses sincères condoléances et les assurer de tout son soutien dans les épreuves dramatiques qu’ils traversent aujourd’hui.

Rappelant les deux drames récents de Paris et Lyon où deux jeunes hommes de 25 et 23 ans ont trouvé la mort lors de garde à vue et contrôle d’identité, l’Observatoire départemental sur les Violences Policières Illégitimes souligne que – sans préjuger des résultats de l’enquête actuellement en cours – ces faits ne font malheureusement qu’illustrer une fois de plus la multiplication de graves dysfonctionnements et dérives concernant le comportement de certains policiers.

Ces dérives sont le fruit d’une politique désastreuse menée depuis plusieurs années par l’ancien ministre de l’Intérieur devenu depuis Président de la République. Les déclarations appelant à nettoyer au karcher les cités, l’abandon de la police de proximité, les contrôles d’identité systématique et constants d’habitants de certains quartiers, le tout répressif et l’absence de prévention, la « culture du résultat » appliqué au domaine de la sécurité (« faire des crânes » ou « des bâtons » dans le langage policier) et la surenchère dans le discours ultra-sécuritaire illustrent cette politique.

Faut-il encore le rappeler : cette politique est inefficace en terme de lutte contre l’insécurité et dangereuse pour nos libertés. Elle ne peut qu’accentuer la dégradation toujours en progression des rapports entre les citoyens et leur Police.

L’Observatoire contre les Violences Policières Illégitimes demande que toute la lumière soit faite sur les circonstances de la mort du jeune Nelson et sera particulièrement attentif aux suites judiciaires qui seront données à cette affaire.

 
Marseille, le 27 juin 2007

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